Habitués qu'ils sont à pratiquer la pêche de père en fils sur le lac de Génésareth, les disciples de Jésus sont de vrais professionnels et connaissent toutes les traîtrises d'un plan d'eau
entouré de montagnes. Passer à l'autre rive ne pose pas de problème pour eux. Oui, le Seigneur peut compter sur leur savoir-faire et se reposer en paix après les fatigues de la journée !
C'est donc comme leur passager que Jésus s'installe à l'arrière du bateau, et non comme leur capitaine, jusqu'au moment où les éléments déchaînés les obligent à réveiller le Maître.
Ne nous arrive-t-il pas, à nous aussi, de compter sur notre expérience pour faire face aux situations dans lesquelles nous nous trouvons ? Dans sa grâce, le Seigneur permet que les choses ne se
passent pas comme nous l'avions prévu, et nous voilà contraints de l'appeler au secours !
Pour l'éducation des enfants, par exemple, lorsqu'ils sont encore petits, on se croit bon éducateur. Mais à l'âge de l'adolescence, c'est souvent la tempête, et on est alors contraint d'appeler
le Seigneur à l'aide !
C'est vrai aussi dans la vie professionnelle : après des études approfondies ou quelques années de réussite, nous pensons disposer d'une expérience suffisante pour aborder les problèmes qui nous
sont posés. On laisse alors le Seigneur de côté et il faut que la tempête arrive pour qu'on ait recours à lui.
Prenons Jésus dans notre barque, mais qu'il y soit notre capitaine et non un simple passager.
Vous n’êtes pas le seul, David est passé par là ; déjà, dans votre enfance, à la maison, on reconnaissait le talent de votre petit frère pour dessiner alors que vous étiez nul en dessin, ou bien
encore on vantait les qualités intellectuelles de votre grande sœur qui, elle, ramenait de super notes de l’école. Fatalement, vous avez des choses à prouver, d’abord à vous-même et, finalement,
aux autres ! Et là, c’est la catastrophe ; comme tous ceux qui ont besoin de reconnaissance et qui souffrent d’un déficit en la matière, vous en faites de trop, et vous agacez, vous
dérangez, vous obtenez le résultat inverse.
Dans votre église, vos qualités de musicienne ou de choriste sont méprisées ; on ne vous reconnaît pas à votre juste valeur ! Vous vivez ce que David a vécu, et c’est difficile, parce
qu’injuste ! Vos aptitudes à la prédication sont négligeables aux yeux des autres, vous n’aurez sans doute jamais votre "chance" de ce point de vue, vous laisse-t-on entendre !
D’ailleurs, dans votre travail, personne ne reconnaît vos bons résultats ; vos responsables les attribuent à l’ensemble de l’équipe à laquelle vous appartenez.
Vous souvenez-vous de ce que Jésus a dit à ce propos : "Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie" (
Marc 6.4) ? Qui a reconnu Jésus comme le Messie voilà vingt siècles ? Personne, ou si peu, au
regard de l’humanité d’alors !
Vous avez reçu de Dieu, et lui, il ne s’est pas trompé en vous donnant ; les autres ne le reconnaissent pas ? Et alors ? Attendez et voyez comment Dieu va s’y prendre avec vous pour
réaliser en vous et par vous son plan béni.
Justement, cette réalisation ne peut passer que par ce chemin de l’oubli, du mépris, de l’injustice, de l’incompréhension et de la souffrance ! Ce creuset-là est formateur ! Cessez de
vous poser toutes sortes de questions, décidez de faire confiance à Dieu ; lui, il reconnaît bien ce qu’il a mis en vous, et il sait ce qu’il veut faire avec vous ! Cessez de vouloir forcer
le passage ; les choses arrivent, elles sont en route, la bénédiction est en chemin ; et puis, quand bien même tout le monde vous reconnaîtrait, reconnaîtrait votre talent, si Dieu, lui, ne vous
reconnaît pas, cela n’a plus aucun sens.
L’essentiel est ailleurs, vous devez le comprendre. Le mépris des autres ne rendra que plus grande l’œuvre de Dieu dans votre vie, et par votre vie. Vivez donc en paix, reposez-vous en lui, et
soyez heureux !